Traduction
Les spécificités de la traduction juridique en France
Les traducteurs qui consacrent leur vie à la traduction juridique nécessitent un niveau de spécialité tant sur le plan linguistique que sur le plan du droit. En tant que traducteur juridique, il faut avoir une maîtrise totale de sa langue maternelle, mais aussi de sa langue source (langue de laquelle on traduit).
Par voie de conséquence, il faudra maîtriser parfaitement, sans droit à l’erreur, les différents systèmes juridiques des langues de travail (cela peut aller de 2 pays à plus, rarement une langue est uniquement parlée dans un seul endroit).
En outre, le langage juridique est assez particulier. Il s’agit d’un langage très déontologique où les coutumes veulent que l’on écrive de telle ou telle manière et que l’on tourne les phrases de façon très réglementée. Il faut posséder des qualités rédactionnelles incontestables dans sa langue maternelle et être très méticuleux et très rigoureux.
Les traducteurs juridiques en France
En France, le processus de sélection des traducteurs juridiques est assez sélectif. Même si parfois, pour des documents plus « simples », l’on peut faire appel à des traducteurs non spécialisés dans le juridique, les résultats prouvent qu’il vaut mieux faire appel à des traducteurs qui connaissent en profondeur les systèmes juridiques.
En termes de part de marché, la traduction juridique représente beaucoup moins que la traduction audiovisuelle ou littéraire. Certes, mais le travail d’un traducteur juridique est tout aussi passionnant et varié, et ce, grâce à la multitude de textes différents sur lesquels il peut travailler : testaments, contrats, actes notariés, certificats de mariage/naissance/divorce, statuts d’entreprise…
Les écoles de traduction ne forment pas énormément en traduction juridique. La demande en traduction juridique est actuellement plus forte que l’offre. En effet, un traducteur récemment diplômé va se tourner plus naturellement vers la localisation et la traduction audiovisuelle que sur la traduction juridique. Ainsi, les entreprises font souvent appel à des experts en justice plus qu’à des traducteurs experts en justice. C’est une question qui revient sans cesse dès que l’on parle de traduction juridique : vaut-il mieux embaucher un traducteur ou doit-on privilégier les connaissances en justice de la personne susceptible de traduire le/s document/s ? Une question à laquelle il est difficile de répondre.
Le cas des traducteurs assermentés
Pour devenir traducteur juridique en France, il n’y a pas de réel statut formel. C’est bien pour cette raison qu’un juriste peut devenir traducteur. À moins de vouloir devenir traducteur assermenté (aussi appelé « certifié » ou « juré »). Une fois rempli le dossier devant la Cour d’appel (dossier à retirer auprès du Tribunal de Grande Instance de sa circonscription) et après avoir obtenu une réponse positive, vous serez en mesure de traduire des documents de façon certifiée. Il s’agit, toujours, d’informations officielles qui peuvent être adressées aux administrations, tant en France qu’à l’étranger.
Le traducteur assermenté peut ainsi certifier qu’un texte est la traduction fidèle et conforme d’un document original. Bien sûr, il faut apposer le cachet et la signature du traducteur, sinon le texte n’aura pas de validité. Le traducteur assermenté assiste la justice dans son travail et il est considéré comme un expert judiciaire. Il peut aussi bien intervenir auprès d’un particulier qui a besoin de faire traduire son acte de naissance qu’à la demande des magistrats, avocats, etc., pour traduire des textes à destination juridique. À signaler, tout de même, que le traducteur assermenté exerce cette mission à titre accessoire et bien souvent, il a un statut d’indépendant.
Les traducteurs juridiques, assermentés ou pas, doivent toujours faire preuve de beaucoup de rigueur et d’analyse. Les documents à traduire doivent garder la même forme et le même fond, aucune place, donc, à la créativité et aux « petits » changements.